août 2018

AVENIR DES RELATIONS ENTRE LES GENERATIONS

Le Sénat a publié, en date du 5 Juillet 2018, le compte-rendu du point d’étape sur le rapport « Avenir des relations entre les générations ».

En voici quelques extraits :

« Les évolutions démographiques et économiques mettent à l’épreuve le pacte entre les générations instauré après  1945. Cela alimente les tensions intergénérationnelles autour des enjeux d’équité et d’efficacité. »

« Ce qui est souhaitable et juste pour chaque génération de donner et de recevoir doit en effet être rediscuté périodiquement »

« Les séniors représenteront un tiers de la population en 2050 contre moins d’un cinquième en 1990 »

« Le coût du risque vieillesse-survie est passé de 5.1% du PIB à 14.6% en 2013. »

« Environ une personne sur cinq connaîtra une situation de dépendance »

« La solidarité intergénérationnelle pèse donc clairement de plus en plus lourdement sur les âges intermédiaires »

« Alourdir encore la contribution des actifs risqueraient de conduire au blocage de leur consommation et de leur investissement »

« Le cycle de vie s’organise désormais en cinq temps et non plus trois. (Jeunesse, phase d’entrée dans la vie d’adulte, âge adulte, séniorité active et vieillesse)

« Il faut mieux affirmer la place de la séniorité active dans la chaîne de la solidarité intergénérationnelle »

« S’agissant de cette séniorité active, il faut également réfléchir aux moyens de donner un statut clair à la fonction Pivot que les plus de 60 ans exercent. Si le gros des transferts financiers pèse sur les adultes d’âge intermédiaire, les jeunes seniors jouent un rôle solidaire à travers des transferts de temps, directs ou intermédiés, via un engagement associatif »

Prendre connaissance du rapport : Rapport sénat 5-07-2018 avenir des relations entre les générations

C’est la rentrée

C’est la rentrée et la période qui s’annonce, va être riche en dossiers et sujets sensibles. Le départ de Nicolas Hulot et ses impacts sur la politique environnementale va vite être remplacé par les débats autour du budget 2019, de la réforme des retraites et des élections européennes 2019.

Pour nos seniors, les discussions risquent de nouveau de se limiter à des sujets financiers, qui bien évidemment sont importants pour certains d’entre eux, mais sont un des points d’enjeu de cette génération appelons là de jeunes Seniors.

Sur le front de l’emploi, peu d’amélioration et même une dégradation selon l’INSEE, car même si le taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé, le constat majeur est la précarisation du travail des seniors, la population la plus concernée étant les 60-64 ans.

Le fort taux d’emploi des seniors est la conséquence des réformes des retraites qui ont reculé l’âge de départ des plus âgés et l’augmentation des durées de cotisation, la quasi suppression des préretraites à financement public (loi Fillon) et la fin de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs seniors. La fin de carrière reste et continuera d’être complexe pour nos seniors et à part le mécanisme encore trop peu connu de retraite progressive, pas grand chose pour encadrer, sécuriser la fin de carrière et préparer nos seniors à la retraite.

Et pourtant, comme le souligne un compte-rendu de la délégation sénatoriale  à la prospective sur le thème « avenir des relations entre les générations » (que je vous conseille de lire : Rapport sénat 5-07-2018 avenir des relations entre les générations ). Les jeunes séniors, dit la génération pivot, jouent un rôle solidaire à travers des transferts en temps,  directs ou intermédiés, via un engagement associatif, vers les jeunes en phase d’entrée dans lia vie d’adulte, vers les adultes confrontés à des accidents de la vie et vers les seniors dépendants. Nous devons réfléchir aux moyens de préserver ce rôle de pivot dans un contexte où l’on cherche par ailleurs à développer l’emploi des seniors. Comment concilier deux objectifs contradictoires : les faire travailler plus longtemps tout en les plaçant au cœur de l’entraide générationnelle.

Voilà poser clairement la question de l’engagement nécessaire des seniors.

Même si les grandes entreprises, mettent en place désormais via leurs fondations, des dispositifs de mécénat de compétences dans le cadre de plan seniors, cela reste encore très anecdotique au regard des enjeux décrits ci-dessus. Nous venons de fêter les 15 ans de la loi AILLAGON, qui a été un grand tournant dans l’histoire du mécénat et de la philanthropie en France. Le législateur devrait réfléchir à amplifier ce mouvement, par une nouvelle Loi qui permettrait la sensibilisation et l’engagement de tous les acteurs (Entreprises, Seniors, Associations), dans un cadre juridique et fiscal à définir.

Que Jupiter nous entende.