septembre 2018

RSA et Bénévolat : le dispositif s’étend

Le Haut-Rhin avait décrié la chronique en voulant conditionner le versement du RSA à 7 heures de bénévolat hebdomadaire. Cette mesure était justifiée par le fait qu’elle constituerait un moyen de faciliter l’insertion des bénéficiaires et leur retour vers l’emploi.

La département avait du surseoir à son projet, devant des décisions de justice et le tapage médiatique.

Saisi, le conseil d’Etat a indiqué, dans un arrêt du 15 Juin 2018, que ce dispositif ne contrevenait à aucune disposition normative, mais fixait des conditions à sa mise en oeuvre. Le dispositif ne peut concerner tous les bénéficiaires du RSA et les actions de bénévolat doivent être proposées de façon personnalisée dans le cadre d’un contrat d’engagement réciproque mis en place entre le bénéficiaire et le département.

Même si le conseil d’Etat a renvoyé l’affaire devant la cour administrative d’appel de Nancy, et dans l’attente d’un jugement, le département de l’Orne envisage de mettre en place le même dispositif.

Chez JUBILACION, nous pensons que le bénévolat peut tout à fait s’inscrire dans une démarche d’insertion  sociale et professionnelle. Il faut bien évidemment que ce dispositif soit encadré et soumis à conditions.

 

Les vrai(e)s oublié(e)s des réformes

Dans une note de la Drees rendue publique le 19 Septembre, il ressort que 1.4 millions d’individus âgés de 53 à 69 ans, soit 11 % de cette tranche d’âge, ne percevaient ni revenus d’activité, ni pensions de retraite.

Les femmes représentent les 2/3 ce ces effectifs alors  qu’elles ne pèsent que 50 % de la catégorie.

Près de 3 seniors sur 10 de cette catégorie se déclarent en mauvais ou très mauvais état de santé.

Cette situation est présentée comme la conséquence des réformes des retraites, la diminution de versement des allocations-chômage, la dispense de recherche d’emploi pour les personnes de plus de 57 ans et la précarité des emplois. Beaucoup de chômeurs ne peuvent plus espérer bénéficier d’une indemnisation jusqu’à la liquidation de leur retraite et sont donc réduits à vivre des minima sociaux.

Dans la France des RAPPORTS où tout est écrit, mais sans conséquences, on pouvait lire dans le rapport du CESES « Seniors et Cité  » en date du 26/02/2009, dont vous trouverez la synthèse dans notre documentation, :

« Le taux de risque de pauvreté pour les personnes en retraite s’établissait en 2006 à 11% pour les 50-64 ans et 16 % pour les plus de 65 ans, touchant principalement les femmes en raison de leur carrière incomplète » …. Les rapports récents de la Fondation Abbé-Pierre et du Secours catholique font état d’une aggravation récente des personnes âgées et s’interrogent sur la fin de l’âge dorée des temps grises ».

A l’heure où les plans et réformes se succèdent (Pauvreté, Santé et bientôt Dépendance),  (Chômage, Retraite), qui va porter et défendre la cause de ces Seniors pauvres ? Il risque d’y avoir moins de monde dans les rues que pour la hausse de la CSG. Et pourtant, nous ne sommes pas sur un sujet intergénérationnel, mais bien sur un sujet de solidarité générationnelle.

Drôle de transition Travail/Retraite pour ces 1.4 millions de personnes concernées.

 

Le Mécénat de compétences Seniors, une offre réservée aux cadres des Grandes Entreprises

Le dernier baromètre du mécénat d’entreprise publié par l’ADMICAL montre que les entreprises mécènes sont de plus en plus nombreuses (12% en 2014 à 14 % en 2016), et de plus en plus généreuses, + 25 % pour un budget global alloué de 3.5 milliards d’euros.

Oui mais, 72 % des entreprises engagées sont des ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) ou des GE (Grandes Entreprises), et seulement  11 % des entreprises investissent 12 % de leurs budgets dans le Mécénat de compétences.

On peut donc aisément en conclure que le Mécénat de compétences est réservé aux salariés des ETI et surtout des GE, et cela est  d’autant plus vrai pour le Mécénat de compétences des Seniors. Les GE ont mis en place en 2016 dans le cadre des contrats de génération, des dispositifs de Mécénat de compétences pour leurs seniors et proposent des missions d’un à deux ans. Ce dispositif bénéficie principalement aux cadres.

Selon Louis Bazire (Responsable coordination du volontariat) chez BNP/PARIBAS, ce dispositif est un véritable outil de transition, car 80 % des volontaires restent actifs dans la structure d’accueil en retraite.

L’enjeu aujourd’hui est donc d’élargir la cible des bénéficiaires, tant au niveau des entreprises  que des bénéficiaires. Pour les PME/TPE, cela pourrait se faire au niveau des branches d’activité ou des bassins d’emploi.

Que dire également des exclus de ce système, les indépendants, les salariés du tiers secteur et surtout les demandeurs d’emploi (Pôle emploi étant le premier employeur des Seniors à ce jour).

A l’heure où l’orientation proposée par le Gouvernement dans le cadre du projet de réforme des retraites est un système de retraite universel, il serait intéressant de mettre en place un système de droit au mécénat de compétences universel pour les Seniors.

JUBILACION a donc proposé dans le cadre de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites que ce sujet soit intégré dans les points de réflexion et de négociation.

Cela permettrait de mettre au cœur de la réforme,  le rôle essentiel et nécessaire de l’engagement des seniors dans les projets d’intérêt général.

C’est le combat de JUBILACION.

 

 

Et pendant ce temps là, qui parle des besoins de bénévoles ?

Les dossiers de la rentrée occupent déjà tout l’espace politique et médiatique.La réforme des retraites, l’Europe, les soubresauts de notre gouvernement, mais aussi un sujet que l’on ne pourra éviter la dépendance. Ces sujets sont essentiels pour notre avenir et il est normal qu’ils accaparent l’attention de tous.

Mais pendant ce temps là, de Brest à Strasbourg ou de Lille à Montpellier, des associations sont à la peine pour maintenir leurs activités, pris en étau entre la baisse des moyens financiers et la forte réduction des contrats aidés.

Mais pendant ce temps là, chaque année  600 à 700 000 personnes partent à la retraite et viennent grossir les rangs de ces seniors qui pour beaucoup sont désorientés pour retrouver un équilibre, un projet de vie, du sens. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais poussé la porte d’une association et sont en difficultés pour s’engager dans le bénévolat et trouver la mission qui fasse sens avec leurs attentes.

Il faut que l’Etat prenne conscience que cette nouvelle situation démographique est une véritable opportunité. Que ces seniors jeunes retraités sont une ressource énorme de temps et de compétences qu’il faut plus largement mobiliser pour qu’ils s’engagent dans le bénévolat au service de l’intérêt général. Il faut que l’Etat  et les Collectivités mettent en place un vrai plan de communication et de mobilisation. Ce n’est qu’une question de volonté, car enfin un sujet porteur de sens et de valeurs qui n’est pas soumis à des contraintes  budgétaires.

Qu’attendons- nous ?

Cela va faire 10 ans que JUBILACION milite pour ce projet, que des commissions ou groupes de travail ont fait le même constat et encouragent à un grand mouvement de mobilisation.

Le don de temps et de compétences aurait-il moins d’intérêt que le don d’argent ?