février 2019

Le Bénévolat peut-il être une contrepartie aux aides sociales ?

Le sujet est sur la table. Le 1er ministre a osé l’évoquer tout en indiquant immédiatement que c’était un sujet sensible.
Pourquoi ce qui fonctionne dans d’autres pays ne fonctionnerait pas en France, et pourquoi ce sujet reste tabou ?
Peut-être parce qu’en France on trouve normal de condamner des délinquants aux travaux d’intérêt général pour les remettre dans le droit chemin, mais on trouve suspect le fait de proposer à des bénéficiaires d’aides, tel que le RSA, des missions d’intérêt général comme outil favorisant l’insertion. Le bénévolat n’est-il pas un moyen pour ces personnes de rester dans une dynamique qui permet de garder ou maintenir du lien social, de se sentir utile, d’être reconnu et d’être dans une démarche positive d’insertion.
JUBILACION avait à une époque défendu l’idée de missions d’intérêt général pour des chômeurs seniors en fin de droit, avec en contrepartie des droits supplémentaires, et ce afin d’éviter le plus longtemps possible à ces seniors de tomber dans la précarité. Contrepartie vous avez dit ?
Oui à l’utilité plutôt qu’au sentiment d’inutilité, oui à la participation à des projets collectifs plutôt qu’à l’isolement.
Ce serait aussi une formidable opportunité de remettre l’intérêt général au cœur de notre vivre ensemble et ce quelque soit notre statut et notre position sociale.
Quoi de plus noble que de laisser ces bénéficiaires acteurs, plutôt que de les cantonner dans un rôle dévalorisant de simples récipiendaires d’aides.
Sur la base de ce qui a été expérimenté dans le Haut Rhin, et qui a déjà démontré des résultats positifs, nous espérons que le gouvernement et les partenaires sociaux iront au bout de cette réflexion et mettrons en œuvre des actions concrètes permettant sur la base du volontariat la mise en place de cette démarche valorisante.

Le grand débat-lage

Faut qu’on se parle.

Après 1 an minimum de primaires, 1 an de campagne électorale, et  un peu plus d’1 an après les élections présidentielles et législatives, la France a besoin de se parler.

On remet tout à plat : Démocratie et Citoyenneté, Organisation de l’Etat et Services Publics, Fiscalité et Dépenses Publiques, Transition Ecologique,  ou presque.

Jai eu beau tendre l’oreille et participer à quelques débats, pas un mot, pas une proposition, sur la vie associative, le bénévolat, l’engagement de nos concitoyens.

Et pourtant, à l’heure où l’on reparle des territoires, de notre modèle social, de solidarité intergénérationnelle, comment ne pas prendre en cause cette donnée. Peut-être que parce qu’elle ne se traduit pas  ou pas totalement en Euros trébuchants.

Au moment où les subventions publiques sont en recul, que la réforme sur l’ISF et l’impact des mesures sur les retraités ont apparemment eu un impact négatif sur  la collecte 2018 , il est peut-être temps de se préoccuper d’une autre forme de don, le don de temps et de compétences.

Une récente étude menée par la Fonda, chiffrait l’impact du bénévolat à 1.4 millions d’équivalent temps plein. Une autre étude CRA-CSA évaluait sur la base du SMIC le bénévolat à 26 – 29 Milliards, soit 1.2-1.3% du PIB.

On ne peut aujourd’hui fragiliser le monde associatif, car sans lui, pas de culture, pas de sport, pas de solidarité et ce sur tout le territoire.

Il serait peut-être opportun dans ce débat, que soit prise en compte cette donnée. On le sait, le bénévolat est transgénérationnel, car ce sont 22 millions de nos concitoyens qui ont pris part à cette forme d’engagement, mais ce sont principalement les seniors qui sont le plus impliqués.

Ce sujet concerne  toutes les parties prenantes et un plan global doit être mis en œuvre pour encourager et mobiliser nos seniors, qui grâce à nos gains en espérance de vie acquis au siècle dernier,  ne peuvent plus se projeter en retraite sans continuer de prendre part à notre projet collectif.

Depuis près de 10 ans, JUBILACION milite pour la mise en place d’actions afin d’amplifier l’engagement des seniors :

  • Développer le mécénat d’entreprises, et principalement auprès des futurs retraités.   De Grandes entreprises viennent de signer un manifeste afin de promouvoir le mécénat de compétences. Il faut étendre cette action aux entreprises de toute taille en impliquant les syndicats professionnels, les groupements d’entreprises, les chambres de commerce.
  • Systématiser un stage de préparation à la retraite, en y intégrant 1 journée minimum, sur le thème de l’engagement, et ce afin d’encourager les futurs retraités à s’engager dans le bénévolat, en leur donnant les informations nécessaires et en mettant en avant les bénéfices (lien social, bénéficie santé, sentiment d’utilité, etc.…)
  • Mener une action spécifique de même nature au sein de Pôle Emploi. Aujourd’hui le taux de chômage des seniors n’a jamais été aussi élevé. Ces personnes sont dans une situation particulière d’une transition Travail/Chômage/Retraite, sans compter ceux qui se retrouvent sans droit (1.4 millions de personnes environ).  Pour eux, quoi de plus valorisant que de trouver un sens et une utilité à cette fin de carrière difficile. Pour ceux qui s’engageraient, on pourrait même prévoir un système  de droit supplémentaire.
  • L‘Etat doit mener une grande campagne de communication afin d’encourager ces démarches,et sensibiliser l’ensemble des acteurs.
  • Il faut également réfléchir à une forme de reconnaissance du bénévolat. Les dons en espèces font l’objet d’un crédit d’impôt, dont il est d’ailleurs difficile d’en avoir le coût. Pourquoi ne pas mettre en place un crédit d’impôt forfaitaire même symbolique (50-100 €) pour ceux qui s’engageraient au-delà de 100 heures par an ,par exemple.
  • Développer au niveau du département et/ou des grandes agglomérations un portail de gestion de l’offre et de la demande de bénévolat, afin d’aider les associations à trouver leurs bénévoles et aider les personnes qui souhaitent s’engager à trouver la mission qui leur convient.

Espérons que les bénévoles n’auront pas besoin d’endosser un gilet, pour qu’ils soient vus et reconnus.